22.09.2009
ALEXIS AUBENQUE - Un automne à River Falls,
Alexis Aubenque, ancien libraire mais jeune écrivain, féru de littérature de genre, fait son entrée dans le domaine du thriller en 2008 avec le premier volume de sa trilogie, 7 Jours à River Falls. Un automne à River Falls en est le deuxième tome. Voici un auteur Français qui écrit comme les Américains, à ranger dans votre bibliothèque entre les livres d'Ann Rule et ceux d'Harlan Coben.
Une histoire haletante et captivante.
Un automne à River Falls, deux assassinats viennent troubler la tranquillité toute relative, déjà ébranlée par un sordide fait divers quelques mois plus tôt. Le premier crime est celui d'un richissime avocat, Robert Gordon, philanthrope à ses heures. Il est retrouvé électrocuté dans le jacuzzi de sa luxueuse demeure, un brin similaire à la mort de Claude François. L'autre crime contraste avec le milieu de l'avocat : il s'agit d'un SDF dont le corps a été roué de coups et jeté dans la rivière. A priori, les deux affaires ne sont pas liées.
C'est à ce moment précis que le lectorat fait connaissance avec le shérif Mike Logan et sa compagne, la célèbre Jessica Hurley, une profileuse très connue. A eux deux, ils vont démêler une affaire où les intrigues se sont bien emmêlées entre elles.
Autres intervenants, les deux jeunes frères jumeaux et leurs amis. Tous deux nouvellement inscrits à l'université de River Falls, Stuart et Kyle refusent devant leurs potes de dévoiler leurs liens de parenté. Pourquoi ? Au fil du livre, tout s'imbrique parfaitement bien, et le lecteur obtient ses réponses à la fin du livre.
Un thriller mené tambour battant.
Le récit se déroule entre le 30 septembre et le 13 novembre 2007. Et pour chaque jour, nous suivons les aventures des personnages à la psychologie bien rôdée. En plus de l'enquête policière et de l'intrigue haletante, Alexis Aubenque maîtrise parfaitement le sujet des adolescents sans oublier ceux qui sont d'une certaine manière en marge des autres comme Stuart (surpoids, complexé, touchant à souhait). Les références musicales teenagers teintent le récit d'une ambiance divertissante et fort utile pour mettre en marche l'identification chez le lecteur.
Nous avons raté la sortie du premier opus. Aujourd'hui on vous présente le second totalement emballé. Nous attendons donc avec engouement le troisième et dernier volet.
Le suspens est au rendez-vous, le rythme soutenu, plus les chapitres sont de plus en plus court plus on avance dans la lecture, ce qui crée une cadence effrénée. Alexis Aubenque n'est pas facilement tombé dans des descriptions faciles de scènes sanguinolentes, tout est bien suggéré, ce qui bien plus effroyable puisque l'imagination fait le reste du travail.
Ce livre est un thriller de référence avec lequel vous ne serez pas déçu. Et comme c'est le moment dans la chronique d'être quelque peu chauvin, nous vous rappelons que c'est un Français qui a écrit ce livre. Nous avons donc de quoi être fier. A lire absolument.
- Une histoire haletante, le suspens est au rendez-vous.
- Le dénouement est à la hauteur de l'ensemble du livre. Constant.
- Conclusion ouverte pour un troisième et dernier volume très attendu.
- Écriture dense, sujets de sociétés bien maitrisés, personnages forts, un très bon livre.
Les Moins :
- Pas de point négatif.
DISPONIBLE AUX EDITIONS CALMANN-LEVY
21:35 Publié dans Thriller | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alexis aubenque, un automne à river falls, calmann-lévy, thriller
21.09.2009
RHONDA FINDLING - Les hommes ont-ils peur d'aimer ?,
Rhonda Findling est psychothérapeute à Manhattan. Elle est conseillère en relations humaines pour la presse, la télévision et la radio. Après son dernier livre Quand c'est fini, c'est fini ! toujours disponible chez Pocket, Rhonda Findling revient avec un sujet encore plus brûlant Les hommes ont-ils peur d'aimer ? aux Editions Jean-Claude Gawsewitch.
Ne vous condamnez pas à attendre le fameux coup de fil qui ne vient jamais.
Qui en période de célibat très très longue durée ne s'est-elle pas retrouvée être la proie idéale pour certains hommes ? On retrouve des profils d'hommes particulièrement bien décrit dans le dernier essai de Rhonda Findling sous la direction et la traduction de Rosine Bramly, à la tête d'une activité de conseil en relations humaines, experte en article de presse féminine et auteure de livres de développement personnel sur l'amour et les relations familiales (dont Qui est sous ma couette ? Tout un programme !). Vous serez tout sur ce que vous appelez entre copines tomber à croc d'un sacré connard !
Pour Rhonda et Rosine, il y a une espèce très variée de mâles redoutables. Séduisants, drôles, spirituels, mais incapables de s'engager à long terme. Comme des profileuses du FBI rangées aux enquêtes affectives et émotionnelles de la gente féminine, les deux auteures du livre dresse le portrait-robot, plutôt le portrait psychologique des hommes dont il faut à tout prix se méfier si on ne veut pas morfler à fond les gamelles.
Méfiez-vous de certains mâles redoutables, de ceux qui font mal !
Le coureur, l'allumeur, l'amant intermittent, l'homme d'un soir, l'éternel célibataire, le cyber dragueur, les hommes ambivalent s'en prenant à la femme désespérée, sous pression à cause de son horloge biologique et la peur effroyable de finir vieille fille aux cheveux gras. Tous ont un chapitre détaillé les désignant du doigt férocement avec une armée de conseils pour que les femmes trop pressées de rencontrer le prince charmant se protégent en commençant par les reconnaître, en commençant par faire tomber les masques de ses handicapés du cœur et de ses dégourdis du nœud !
Les conseils prodigués fonctionnent sans problème, encore faut-il une chose : arrêter de se mentir à soi-même et arrêter la perception erronée de voir son partenaire du moment comme un amoureux transit alors que c'est juste un étalon de passage. Ses précieux conseils s'adressent à toutes les femmes et pourquoi pas aux homos qui rencontrent eux aussi des problèmes de séduction avec certains hommes.
Ce livre se picore comme un magazine féminin et il servira à toutes celles qui se font rouler dans la farine par certains hommes là uniquement pour le sexe et pas prêt du tout à poursuivre une relation plus solide. Un livre d'utilité féminine et pourquoi pas gay friendly.
A RETENIR !
Les Plus :
- Un manuel de conseils divertissants.
- Attention les hommes ! Les femmes balancent !
- Amusant, pas très sérieux, ludique.
Les Moins :
- Une psychologie rapide.
- Une caricature de l'homme.
DISPONIBLE AUX EDITIONS JEAN-CLAUDE GAWSEWITCH
21:29 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rhonda findling, les hommes ont-ils peur d'aimer, jean claude gawsewitch éditions
17.09.2009
MICHEL SAPANET - chroniques d'un médecin légiste,
Michel Sapanet est médecin légiste au CHU de Poitiers depuis 20 ans. Aujourd'hui dans son livre Chroniques d'un médecin légiste aux Editions Jean-Claude Gawsewitch, il vient nous raconter avec humour son quotidien macabre dans un document digne d'un polar qui n'a rien à envier aux séries américaines comme Les Experts, FBI portés disparus ou Cold Case. Ames sensibles, surtout ne pas s'abstenir !
Son métier est de faire parler les morts.
Michel Sapanet mène une existence normale en Provine. Néanmoins, son métier de médecin légiste le rend déjà moins banal. Dès qu'il y a un mort aux alentours, c'est lui qu'on appelle pour élucider le mystère autour du corps. Quelle vérité enferme ces corps anonymes, bien souvent méconnaissables ? A lui d'aller la chercher cette étonnante vérité. Suicide déguisé, sombre accident de chasse ou infanticide inexplicable, le docteur nous raconte les nombreuses affaires criminelles survenues ces dernières années dans la région poitevine. Rien ne doit lui échapper. Michel Sapanet nous explique au long du récit qu'il ne doit jamais se fier aux apparences. Son travail consiste à fouiner, à chercher, à décortiquer, à analyser et à conclure dans l'élaboration d'un rapport. Le médecin légiste doit faire parler les morts pour leur rendre au moins leur vérité. Pour lui, c'est la moindre des choses.
La cruauté de la mort en pleine tête.
Egorgés, poignardés, étranglés, pendus, empoisonnés, noyés, tués par balle, tous finissent sur sa table d'autopsie. Le livre se construit en 34 chapitres racontant tous une affaire criminelle différente. Que ce soit dans un milieu bourgeois, dans des squats sordides, dans la communauté gay de Chatellerault (un triple meurtre), dans un appartement quelconque ou alors dans le cours d'eau d'un village où un corps est retrouvé dans un sac plastique par un paysan, Michel Sapanet sait que chaque jour ne se ressemble pas et lui donnera son lot d'horreur et de mystères.
Ce livre sonne vrai. Les histoires sont effroyables et en même temps, ce document a le pouvoir de nous faire sentir que tous ces corps pourraient bien être nous-même ou un membre de notre famille ou encore un ami cher.
Un document à ne pas rater. Divertissant tant que ça ne nous concerne pas. Abominable pour tous ceux concernés.
- Des affaires fascinantes.
- Les différentes manières de mourir interrogent le lecteur.
- Un métier hors du commun fort utile.
- Un document écrit comme un polar.
Les Moins :
- Violent, mais en même temps, le thème est loin de La petite maison dans la prairie.
DISPONIBLE AUX EDITIONS JEAN-CLAUDE GAWSEWITCH
21:23 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : michel sapanet, chroniques d'un médecin légiste, jean-claude gawsewitch éditions
ANNE-MARIE DAVID - Les dessous cachés de l'hôpital,
Dans la collection Coup de gueule de l'éditeur Jean-Claude Gawsewitch, un livre sorti en janvier 2009 nous interpelle au moment où la grippe A grignote la part belle de toutes les problématiques de santé en terme de visibilité médiatique. Mais avant de se préparer à une future pandémie, Anne-Marie David nous règle les pendules à l'heure en nous dévoilant dans son livre choc Les dessous cachés de l'hôpital (titre accrocheur de son bouquin). Comment assurer un service de qualité lorsqu'on apprend les révélations d'une ancienne infirmière et cadre de santé à la Pitié-Salpêtrière mettant l'accent sur autant de dysfonctionnement ?
Il n'y a pas que les patients qui souffrent de cancer généralisé, l'hôpital aussi.
En effet, on meurt toujours plus du cancer, des maladies cardio-vasculaires, du sida, mais seul la grippe A attire les projecteurs. Tous les jours, l'hôpital est touché de plein de fouet par des métastases sociales, financières et humaines. Mais nos ministères, nos dirigeants, nos politiques que nous avons élus se concentrent à débloquer des fonds bien plus important pour nous apprendre à nous laver les mains, à nous moucher dans un mouchoir en papier (et à jeter dans une poubelle) et à appeler notre médecin en cas de symptôme suspect au lieu de s'occuper des causes qui pour le moment sont au top du hit-parade de la mortalité : n°1 le cancer, n°2 les maladies cardio-vasculaires, le sida, etc. De plus, les questions sociales toujours concernant la santé comme l'état de nos hôpitaux en France semblent complètement pas d'actualité, un sujet passé de mode. Et pourtant, il n'y a pas que la grippe A même si ironiquement on pourrait penser qu'elle a enrayé la grippe. Et il n'y a pas non plus que les patients qui souffrent de cancer généralisé, l'hôpital aussi va mal.
Effectivement, le livre d'Anne-Marie David prouve bien dans ses analyses et ses prises de position que l'hôpital connaît un malaise certain. Avec quarante ans de métier, l'auteur à rouler sa bosse et a vue les réformes se succédaient les une derrières les autres. La valse des lois, des ministres de la santé, des dirigeants d'hôpital et des présidents de la république font de cette femme de terrain un pilier fondamental, le point d'ancrage pour les malades comme toutes les infirmières, seul lien direct au côté du malade. Un métier loin des beaux discours, des grandes lois et proches de belles âmes égratignées et de corps cabossés par des destins chahutés.
Un cri de révolte contre un monde hospitalier bouleversé en profondeur.
Ce livre est fort captivant parce que c'est la voix d'une infirmière et non celle d'un médecin ou d'un professeur rôdé à leur communication. Dans un style percutant, avec force et sincérité, Anne-Marie David parle de la déshumanisation de l'hôpital, de l'hôpital qui peut être perçu comme un lieu de violence, le manque d'argent dans les services et du danger de certaines réformes. Elle s'attaque aussi à la relation soignant-patient, au corps médical, au corps soignant et au corps administratif. Au fil du livre, le lecteur prend conscience des difficultés de faire avancer un tel paquebot. Administration des soins, gestion du dossier du malade, relation avec sa famille, ces défis du quotidien sont de plus en plus durs à relever.
- Un bel et juste état des lieux de la situation même si l'univers n'est pas aussi rose que nos dirigeants politiques le prétendent.
- Le courage de parler, bravo !
- Un style percutant, avec force et sincérité.
Les Moins :
- Un petit peu long.
DISPONIBLE AUX EDITIONS JEAN-CLAUDE GAWSEWITCH
21:14 Publié dans Essai | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hôpital en danger, les dessous cachés de l'hôpital, infirmière, anne-marie david, jean-claude gawsewitch
15.09.2009
ELIZABETH GILBERT - Le dernier américain,
Après son best-seller Mange, prie, aime (2008) bientôt adapté au cinéma avec dans le premier rôle Julia Roberts, Elizabeth Gilbert revient avec un deuxième roman Le dernier Américain toujours aux Editions Calmann-Lévy.
Un livre en parfaite communion avec l'excellent film Into the wild.
Eustace Conway est le dernier Américain. Il ne ressemble à personne d'autre. A 17 ans, il a décidé de renoncer au confort de la vie moderne pour aller s'installer dans un tipi au fond des bois.
Vingt ans plus tard, il y vit toujours. Tout ce dont il a besoin, il le construit, le fait pousser ou le chasse. Au fil du temps, il s'est fixé des défis toujours plus audacieux : il a descendu le Missippi dans un canoë qu'il a bien sûr fabriqué lui-même, il a parcouru les Appaches du nord au sud, sillonné les Etats-Unis.
Un reportage littéraire magnifique.
A travers Eustache Conway, l'auteure expose les problématiques de notre société, l'échec de certains idéaux et de notre culture profondément faussée. Dans le récit, Elizabeth Gilbert maintient par rapport à Conway une distance aussi subtile que remarquable. Elle dépeint un portrait psychologique de son personnage principal où la fascination le hisse au rang de légende inoubliable.
Un livre plein de sagesse où Conway intrigue, un bouquin écrit par une main de maître. Le style est vif et percutant, les personnages prennent vie, les mots tapent fort. Sacrément bien ficelé, tout ce qu'accompli Conway, son énergie et sa joie de vivre tiennent du miracle. Malgré l'admiration qu'Elizabeth Gilbert porte pour Eustache Conway, elle n'hésite pas à parler de ses défauts qui sont somme toute bien naturels, d'après le contexte évoqué.
- L'histoire d'une vie hors du commun, extraordinaire.
- Passionnant, un portrait vivant, nuancé, d'un homme d'une complexité infinie.
- Un texte fort, un style vif, une rencontre entre un original Eustache Conway et une auteure incroyable Elizabeth Gilbert.
Les Moins :
- Un sentiment de déjà-vu, même si l'auteur nous captive avec son écriture remarquable.
DISPONIBLE AUX EDITIONS CALMANN-LEVY
21:07 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elizabeth gilbert, le dernier américain, calmann-lévy
DELPHINE DE VIGAN - Les heures souterraines,
Après les 100 000 exemplaires vendus du livre No et moi (2007, Les Editions JC Lattès) qui avait permis à Delphine de Vigan de séduire les lecteurs, la presse et les libraires (Prix des libraires 2008 et prix solidarité 2009), aujourd'hui, l'auteure nous revient en pleine rentrée littéraire 2009 pour nous proposer son cinquième roman Les heures souterraines toujours aux Editions JC Lattès.
Un homme. Une femme. Deux silhouettes à la dérive parmi tant d'autres.
Mathilde, mère de famille, prend la ligne 9, puis la 1 et le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons pour se rendre à son boulot. Un bon poste plutôt bien payé jusqu'au jour où la violence des rapports humains l'expédie bien plus vite qu'elle ne le pense dans un bureau ressemblant à un placard près des lieux d'aisance mal insonorisés. Le salaire ne bouge pas, il se maintient, mais la routine laisse place à l'enfer : un patron qui ne cherche qu'à l'évincer en l'harcelant, la DRH qui laisse les choses se pourrir. Seul point positif : la voyante qu'elle a consulté peu avant qui lui assure que sa vie va changer. Voilà son mince espoir. Alors, en attendant, elles laissent défiler les heures.
Thibaut est médecin urgentiste. Malheureux comme un chien errant à cause d'une peine de cœur, en pilotage automatique, l'homme soigne les grippes, les rinhos et les rhumes à la chaîne, au rythme des appels qui tombent au centre d'appels. Tous les jours, ils s'occupent d'âmes en détresse alors que la sienne n'a même plus de force pour déclencher le signal d'alarme. Dans une forme habituelle, en toute circonstance, il attend son heure.
Le harcèlement moral, la solitude, deux thèmes qui ne font pas rêver. Et pourtant...
...Le lecteur sera captivé du début jusqu'à la fin du livre. Les deux héros vont-ils se croiser ? Mieux, vont-ils s'aimer ? Pire,vont-ils s'ignorer, se haïr ou se passer à côté ? Accroché au bouquin, on veut savoir, on le veut. Sauf que...
L'univers du livre est sans concession. Les thèmes les moins glamour sont au rendez-vous : la solitude, le désamour, le harcèlement moral, la désillusion, l'attente incessante d'un mieux qui ne vient pas, voire qui ne vient jamais. L'auteure ne chouchoute pas son lectorat en lui vendant du rêve. Néanmoins, elle le bichonne en écrivant avec une grande justesse des émotions du quotidien. Talentueuse, Delphine de Vigan place des mots sur les maux de chaque lecteur qu'il peut ou qu'il pourra ressentir un jour au cours de son existence.
Après l'anorexie et les sans domiciles fixes, l'auteure s'attaque dans Les heures souterraines à la déshumanisation de notre société, à sa manière souterraine de laisser la violence morale prendre le dessus. La lecture arrivée à terme de ce livre, le lecteur prendra davantage conscience de l'impact d'une société qui part en vrille.
- Belle plume, beau style, extrêmement digeste alors que l'univers est sombre.
- La déshumanisation de notre société à travers une femme et un homme, donc à travers les deux sexes.
- Solitude, harcèlement moral, désillusion, désamour, rien de glamour et pourtant l'intrigue nous tient en haleine.
Les Moins :
- Certains trouveront ça déprimant et pas divertissant. (Dommage pour eux, ils passent à côté d'un joli livre).
DISPONIBLE AUX EDITIONS JC LATTES
21:01 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : delphine de vigan, les heures souterraines, jc lattès
14.09.2009
FREDERIC BEIGBEDER - Un roman français,
14:29 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : frederic beigbeder, grasset, un roman français
10.09.2009
DAVID ABIKER -Contes de la télé ordinaire,
Après Le musée de l'homme, Le fabuleux déclin de l'empire masculin (2005) et Le mur des lamentations (2006), David Abiker revient chez les libraires en cette période estivale avec un troisième projet Contes de la télé ordinaire paru chez les éditions Michalon, un livre d'humeur - bonne ou mauvaise - sur la lucarne médiatique qui fait tant parler d'elle. A tel point que le chroniqueur balance dessus comme toujours !
Un livre à picorer dans les lieux les plus saugrenus
Contes de la télé ordinaire est un petit livre de 180 pages composé d'une cinquantaine de brèves où la télévision en prend pour son grade. Incisif, moqueur et taquin, David Abiker divertit le lecteur avec son style franc du collier. En effet, l'auteur a toujours le mot qui irrite ou la petite phrase qui tue. Agitateur, son livre est un régal pour tous ceux qui aiment dire du mal des autres ou donner son opinion sur tout, et même sur rien.
Ces historiettes écrites entre 2005 et 2008 pour la radio sont faites pour faire rire ou sourire. Cette réflexion sur la télévision et le reste (milieu d'ailleurs que l'auteur connaît bien) permet de jeter un regard caustique sur les bienfaits et les méfaits de la télévision.
N'ayant pas sa langue dans sa poche et l'esprit très souvent retors, David Abiker écrit. Pas pour se faire des amis, pas pour plaire aux autres, mais surtout pour provoquer, certainement, et surtout pour s'affirmer et penser par lui-même. Personnalité atypique, David Abiker décrypte, analyse, décortique. Et là, dans sa ligne de mire, ce sont les animateurs monstrueux, les politiques illusionnistes et quelques présentatrices féeriques qui vivent dans le monde merveilleux du petit écran avec un égo GRAND comme ça.
Un style accrocheur, une écriture qui grince !
Voici l'extrait du style de David Abiker :
« Ma télé a le blues. Je la soupçonne d'avoir mal vécu l'arrivée des ordinateurs dans la chambre des filles. Elle a le teint qui se brouille, des extinctions de voix, des chutes de tension. L'autre jour, ma femme a trouvé dessus des traces de moisissures. On s'inquiète. Alors, j'essaie de lui remonter le moral. Je m'installe devant l'écran, je regarde dans sa direction, l'air consterné. J'ai même pris des notes pour lui montrer que je m'intéresse encore à elle... »
Un livre absolument drôle à grignoter entre amis au lieu de regarder une connerie à la télévision.
A RETENIR !
Les Plus :
- Drôle, incisif et percutant.
- Amusant, divertissant sur le moment, mais oublié aussi vite que lu.
- Une jolie couverture, très branchée.
DISPONIBLE AUX EDITIONS MICHALON
14:22 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : david abiker, contes de la télé ordinaire, michalon
09.09.2009
ERIC LAURENT - La mort vous a choisi,
Auteur de plusieurs documents à succès dont La Guerre des Bush, La face cachée du 11 septembre et La Face cachée du pétrole, Eric Laurent nous propose dans un tout autre registre son premier thriller au titre provocateur La mort vous a choisi chez les éditions Plon. Un livre divertissant qui ne vous laissera pas pour autant un souvenir impérissable. A lire dans les transports en commun.
Le fantasme de la mort entre monde virtuel et monde réel.
Malencontreusement, au gré d'un pur hasard, Steve clique sur une publicité polluant sa boîte mail. Jamais, il n'aurait dû ouvrir ce courriel. Le seul intérêt que le personnage est fait un tel acte anodin, c'est d'en faire une histoire intrigante, frissonnante et sympathique. Celle qu'Eric Laurent nous propose. A partir de là, un jeu machiavélique se met en place. Steve ne se méfie pas et décide donc d'y jouer. De plus, il n'est pas le seul à commettre la même erreur. D'autres internautes qu'il ne connaît pas font pareils.
Au fur et à mesure de leur connexion mutuelle, les joueurs vont découvrir au fil du temps des indices concernant des meurtres. Virtuels ? Eh bien, non ! Des vrais assassinats. Et c'est comme ça qu'ils font tous comprendre qu'ils sont piégés par l'auteur de ces crimes, le cerveau de la mise en place de cette enquête virtuelle.
Les personnages vont se confronter à la réalité, en allant sur le terrain et par conséquent, ils nous offrent de bonnes scènes de frissons. Rebondissements, manipulation, mensonge, tout y est ou presque pour nous faire bondir de notre fauteuil. Le lecteur s'interroge au même rythme que les personnages qui se demandent pourquoi ils sont mêlés à ça et qui se cache derrière toutes ses manigances diaboliques.
Eric Laurent nous divertit et c'est déjà beaucoup.
En effet, ce livre est plutôt bien ficelé, avec une écriture parfois très simpliste, mais qui a l'avantage d'être une écriture très visuelle. Le lecteur est connecté au livre d'une manière étonnante et les images se mettent en branle dans son esprit. Le livre pourrait être le scénario d'un épisode d'une série policière américaine. Néanmoins, l'histoire est accrocheuse et divertissante. Et en même temps, une fois le livre refermé, on oublie très vite le bouquin. Curieux ressenti. En attendant, comme le divertissement est au rendez-vous, on vous conseille ce livre. Une chose est certaine, à la lecture attrayante de ce livre, vous vous laisserez prendre au jeu. Comme nous !
A RETENIR !
Les Plus :
- Un livre avec lequel vous vous prendrez au jeu.
- Quand tout dérape... haletant.
- Des meurtres, de la manipulation, un jeu, des règles, tout ce qu'on aime.
- Couverture sombre et titre effrayant, tous vos poils s'hérisseront à la lecture de ce livre !!!
Les Moins :
- Écriture parfois trop simpliste.
- Parfois confus mais ne gâche pas le suspens.
DISPONIBLE AUX EDITIONS PLON
14:15 Publié dans Thriller | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eric laurent, la mort vous a choisi, plon, thrilller
SANDRA BATTLE-NELSON - Une fille c'est chick !,
Auteure Jeunesse et journaliste, Sandra Batlle-Nelson nous propose pour cet été une comédie satirique sur les désirs féminins Une fille, c'est chick aux éditions Michalon. Une chronique délicieusement délirante.
L'irrésistible ascension des désirs humains.
Bianca Brial, 30 ans, directrice adjointe de la communication d'une célèbre marque de cosmétiques, grimpe les échelons de son entreprise depuis un congé maternité mal vécu. A l'inverse, son mari, Hugues ne peut plus se séparer de sa fille, lâche son job pour se lancer dans la chanson pour enfants. « A 20 ans, je rêvais de vivre une passion fulgurante avec Keith Richards. Je me retrouve à 30 ans avec Yves Duteil. Et le pire, c'est qu'il est heu-reux ! » se lamente Bianca qui va multiplier les stratagèmes pour reprendre du pouvoir sur sa fille et remettre son homme à sa place.
Une fable délirante sur la vie conjugale.
Dans son livre, Sandra Batlle-Nelson parle du couple de manière caustique. Pour elle, ce sont deux égos qui revendiquent leur droit au bonheur individuel, les repères sexués se délitent, et ils deviennent des parents rivaux qui tentent coûte que coûte à gagner à coup de gadgets pédagos les faveurs d'un bébé-roi, futur chieur.
L'auteure constate aussi que nous vivons dans un monde où les « prêt à penser » (coachs, gourous, psys médiatiques, voyants,...) prennent le pouvoir. Ce sont eux qui pilotent l'épanouissement des désirs de chacun. Observatrice, Sandra dresse le constat avec son arme favorite : l'humour qu'elle manie avec grande classe. Florence Foresti aurait de quoi être envieuse.
A dévorer de toute urgence !
Influencée par la presse féminine, les références girlies de la chick lit, les psys et les contes de fées, Sandra nous dresse dans cet ouvrage un portrait au vitriol d'une superwoman au bord de la crise de nerf. Un livre divertissant à dévorer pendant vos vacances et à vous prêter entre filles.
A RETENIR !
Les Plus :
- Un livre de fille drôle, léger et qui donne le moral.
- Une auteur en grande forme !
- Toutes les qualités d'un épisode pilote d'une série à succès.
- Agaçante parfois !
DISPONIBLE AUX EDITIONS MICHALON
14:08 Publié dans Chik List | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sandra battle-nelson, une fille c'est chick, chick list, michalon
08.09.2009
JOHN GRISHAM - L'infiltré,
Quasiment chaque livre qu'il fait se retrouve quelques années plus tard dans les salles obscures ou sur les étagères des vidéoclubs dans la catégorie « thriller les plus vus ». Cet été, John Grisham débarque dans le monde entier avec son dernier pavé, L'infiltré aux éditions Best sellers Robert Laffont pour le plus grand plaisir des adeptes.
Manipulation, mensonge, intrigue judiciaire comme tous les autres Grisham.
Dès les premières lignes, le lecteur est captivé, happé par l'intrigue impeccablement bien ficelé. Depuis peu diplômé en droit de l'université Yale, Kyle McAvoy est destiné à un grand avenir. Mais lorsque de mystérieux individus le font chanter, Kyle n'a d'autre choix que de céder à leur chantage : il doit accepter un poste à Scully & Pershing, le plus gros cabinet d'avocats du monde. Sinon ? Sinon, ils dévoileront la vidéo qu'ils détiennent l'impliquant dans un viol collectif, pour lequel au fur et à mesure on y apprend qu'il n'y est pas pour grand chose.
A partir de là, les péripéties qui arrivent à Kyle sont de taille. Chaque page nous donne envie d'en savoir un peu plus. Très vite, le lecteur devient accro et se prend au jeu en s'interrogeant : et si j'étais Kyle, comment je réagirais ? L'ambiance des affaires crée un contexte dynamique où la pression écrase le personnage principal. Kyle se retrouve plus d'une fois coincé entre ses ennemis qui l'utilisent comme un pantin et l'instinct de survie de vouloir tout foutre en l'air, de vouloir trouver l'astuce pour renverser la situation en sa faveur.
Un thriller judiciaire mené d'une main de maître.
Avant de connaître le dénouement de cette histoire, le lecteur se trouvera devant un dilemme : celui de refermer le livre et de patienter pour avoir la suite. Et comme à chacun son dilemme, le personnage Kyle Mc Avoy lui aussi sera face à une cruelle situation : trahir ses employeurs et son honneur ou racheter ses fautes en passant un accord avec le FBI aux dépens de sa vie...
De nombreux personnages secondaires restent particulièrement attachants comme son père avocat, sa collègue surmenée et pressée comme un citron, sa petite amie du début, tout, vraiment tout est bon dans le dernier Grisham.
Quelques mots sur l'auteur...
Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat. Avec La Firme, paru en 1991 et vendu à des millions d'exemplaires, il rencontre son premier grand succès. Depuis, il a vendu soixante millions d'exemplaires dans le monde et a écrit vingt-deux romans dont L'Affaire Pelican, Le Maître du Jeu, L'Accusé, Le Contrat, Non Coupable, Le Couloir de la Mort, L'idéaliste, Le Client, et plus récemmentLa Revanche tous publiés chez Robert Laffont et adaptés au cinéma. Un vrai écrivain. Un vrai.
- Histoire ficelée, intrigue parfaite, personnages attachants et ayant une psychologie intéressante.
- Divertissant, le suspens nous rend addict au bouquin.
- Écriture dynamique, fluide et abordable.
- Couverture représentant bien le contenu du livre.
DISPONIBLE AUX EDITIONS ROBERT LAFFONT
14:00 Publié dans Thriller | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thriller, best-sellers, robert laffont, john grisham, l'infiltré, livre, cinéma
07.09.2009
BRUNO PORTIER - Bardo, le passage,
Le titre original du livre tibétain des morts est Bardo Thödol Chenmo, qui peut se traduire par « la libération par l'audition pendant le bardo ». Bardo signifie « état intermédiaire, monde intermédiaire, intervalle ».Le roman de Bruno Portier Bardo, le passage aux éditions Florent Massot est né du désir de l'auteur de rendre le livre tibétain des morts accessible à un plus grand nombre et de les amener vers la lecture de la traduction du texte original proposé à la fin du livre, dans la bibliographie. Un livre fort émouvant apportant un angle particulièrement nouveau sur la mort pour nous les Français.
L'histoire retranscrit scrupuleusement le contenu et les étapes du Livre tibétain des morts.
Un jeune en couple en vacances traverse une zone isolée de l'Himalaya en moto lorsqu'un paysan tibétain provoque leur sortie de route. Evan se blesse, de manière anodine, il se brise la jambe, une blessure qui ne remet pas sa vie en cause. Quant à sa femme Anne, elle meurt. En France, le réflexe aurait été d'aller chercher des secours. Là-bas, le paysan pratique des rituels étranges et récite des prières au cadavre.
Réduite à l'état de « fantôme », emportée par son karma, Anne revit les moments forts de son existence. Tout se passe vite, très vite. Le lecteur ressent à travers le récit le tourbillon émotionnel, violent, tout s'enchaîne à vive allure. Anne ne contrôle ni les destinations ni la durée de ses escales, sa vie défile d'une certaine manière. Guidée par les conseils du paysan, Anne fait le bilan de son existence, le deuil de ses proches, trouve la paix et peut enfin se réincarner, consciente et libre de choisir sa renaissance.
Le périple d'une jeune femme à travers les bardo.
Absolument haletant, saisissant de voyager dans l'intermédiaire, entre la vie et la mort. Le lecteur se laissera porter par l'écriture simple et fluide de l'auteur. Les émotions passent. L'enseignement spirituel interroge le lecteur sur sa propre conception de la mort et bien évidemment la remet en cause.
Cette histoire banale d'un couple parti faire un voyage de noces laissant grands-parents et un enfant derrière eux s'adresse à tout le monde. L'accident soudain, imprévisible, personne n'est à l'abri. Alors cette approche encore mystérieuse après lecture du livre le sera déjà moins. Ce livre est une curiosité à découvrir le temps d'une soirée.
L'auteur : un grand érudit de l'Asie.
Bruno Potier est un réalisateur et un photographe de formation. Il a parcouru l'Asie pendant une douzaine d'années avant d'entreprendre des recherches en anthropologie sociale qui aboutissent à un doctorat en 2001. Depuis, Bruno Potier se consacre à l'écriture et à la réalisation de films documentaires et de scénarios de fiction.
A RETENIR !
- Un livre simple, intelligent et bien conçu pour mettre en avant le livre tibétain des morts.
- Agréable à lire.
- Beaucoup d'émotion.
- Nous pousse à réfléchir sur notre conception de la mort.
Les Moins :
- Un livre qu'on n'oublie vite.
DISPONIBLE AUX EDITIONS FLORENT MASSOT
13:53 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bruno portier, le tibet, la mort, bardo le passage, florent massot
06.09.2009
OMAR BA, Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus,
Omar Ba a davantage fait parler de lui dans Le Monde alors que son dernier livre Je suis venu, j'ai vu, je n'y crois plus aux éditions Max Milo est un véritable pavé dans la mare sur la question des flux migratoires concernant l'Afrique vers l'Europe.Dans un processus positif, Omar Ba incarne une nouvelle idéologie audacieuse, une réflexion intéressante sur un sujet épineux. Dommage que l'auteur fut pointé du doigt par Le Monde en se faisant traiter de menteur à tort ou à raison. Le livre sans polémique aurait été un livre à retenir de l'année 2009. Le doute persistant, difficile de savoir qui a raison, Le Monde ou Omar Ba. Dans tous les cas, menteur ou pas, Omar Ba propose avec ce livre un essai très étayé et très bien construit sur l'émigration et ses conséquences désastreuses. Que ce soit du vécu ou non, le propos du livre doit être connu de tous.
Témoin de la dure condition d'immigré en Europe et de ses désillusions face au paradis imaginé.
Un récit poignant comme s'il l'avait vécu. En tant que lecteur, on accroche immédiatement, on mord à l'hameçon de ce conteur ou de cet imposteur. Peu importe au final que ce soit vrai ou non, peu importe que ce soit arrivé ou non à Omar Ba en personne. Ceci dit, ce que l'auteur décrit, cela arrive à de nombreux Africains qui risquent leur vie et se frottent à un périple mouvementé et dangereux pour enfin peut-être un jour vivre des jours illusoirement plus heureux en Europe, vu comme leur Eldorado.
Tant pis qu'il s'agisse de la fausse histoire d'un immigré clandestin (si c'est le cas). Tout simplement parce que l'imagination de l'auteur est alors mise au service d'un débat à ouvrir enfin de manière aussi franche qu'Omar Ba le suggère dans son essai.
« Ne venez pas en Europe. Vous n'y serez pas heureux. » dit-il à ses compatriotes du Sénégal.
Enfin quelqu'un ose dire ça ! Provocateur certainement, Omar Ba n'a pas tort sur toute la ligne même si il aurait certainement menti. Il commence par décrire le Sénégal. Une société qui superpose anarchiquement des structures mentales et des structures socio-économiques combinant postmodernité et agriculture de survie. Bref, un bordel hallucinant. (source scriptoblog). Ensuite, grand agitateur, il n'hésite pas à balancer autant sur le Sénégal, sur l'Afrique que sur l'Europe.
Les mauvaises langues penseront que Omar Ba a sali la cause de tous ceux qui ont vécu cette histoire de manière personnelle en mentant. Ceux-là se trompent très facilement. A croire que penser ainsi les arrangent pour ne pas ouvrir les yeux.
Citoyen du monde, une cause qui est la nôtre.
Omar Ba nous propose un livre réfléchi, bien construit, sans ambiguïté. Une réflexion qui propose de nouvelles pistes de réflexion sur un style d'écriture fluide et agréable. Un livre à découvrir par soi-même en mettant les différentes polémiques maladroitement suscitées par l'auteur lui-même de côté.
"Il faut être irresponsable pour laisser courir ce discours quasi idéologique qui ôte des vies à l'Afrique, la prive de bras valides et la vide de sa matière grise. J'accuse ce discours de la poussée migratoire qui s'intensifie et qui, surtout, assassine." Omar Ba.
a
A RETENIR !
Les Plus :
- Un discours relativement neuf et moderne.
- L'auteur n'a pas sa langue dans sa poche et argumente bien.
- Un livre fort qui marque bien les années 2000.
- Le scandale dénoncé par Le Monde. Fort bien dommage qui déconcerte autant les lecteurs qui apprécieront son livre que l'éditeur pris entre deux feux.
- Vraiment dommage.
DISPONIBLE AUX EDITIONS MAX MILO
13:43 Publié dans Document - Histoire vraie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : omar ba, je suis venu j'ai vu je n'y crois plus, max milo éditions
04.09.2009
MARC LEVY - Le premier jour,
Après Guillaume Musso en mai, c'est au tour de Marc Levy de proposer comme chaque été son dernier best-seller Le premier jour qui n'est autre que la première partie d'une histoire en deux parties. La seconde partie La première nuit est prévue pour Noël, comme par hasard...
Un neuvième roman sous le signe de l'aventure.
Il est loin le temps de son premier livre Et si c'était vrai... (2000). Depuis, Marc Levy déçoit. Pas son public, mais les journalistes bien sûr. Sauf que là, même si le public par curiosité achètera le dernier Levy comme on achète le dernier produit à la mode, certains lecteurs risquent fortement d'être déçu en partie au début du livre. C'est très très lent à se mettre en route. Ce livre est facile à lire mais franchement n'a pas grand intérêt en terme de rebondissements et d'attachement envers des personnages très caricaturales. Ce qui est fort gênant pour un roman d'aventures.
L'amour, toujours l'amour...
L'amour dans un livre de Marc Lévy, c'est un bonbon mou qui ne pique pas. La séduction, le charme, la drague, mais tout est en surface, il faut attendre 350 pages pour que les deux personnages se fassent un ridicule baiser. Cette littérature est peu audacieuse et parfois ennuyeuse. Pourtant, l'idée est frissonnante de voir un astrophysicien et un archéologue vivre une belle histoire d'amour. Mais le sujet est traité de manière bien trop soft pour ne pas choquer la ménagère de moins de cinquante ans et les adolescentes. Peut-être que dans le second volume, l'amour sera plus frétillant et palpitant. Allez, Marc Levy, on peut divertir en chatouillant le lecteur un peu...
Un roman qui cherche à faire réfléchir le lecteur sur leur véritable naissance.
Et pour le moment, le lecteur n'aura pas toutes ses réponses dans le premier tome. Keira, archéologue et Adrian, astrophysicien, sont sans cesse en train de parcourir les quatre coins du monde. Cela en devient parfois exagéré.
Néanmoins, il faut noter et retenir le travail de recherches que l'auteur a dû faire pour écrire ce roman d'aventures. Même si ce livre est écrit pas un auteur qui vend énormément de livres, nous restons pour le moment peu emballés devant ce premier volume. Tant d'autres auteurs moins connus et tellement plus talentueux mériteraient le même accueil du public. Peut-être que le deuxième tome sera plus percutant et nous permettra finalement d'apprécier plus favorablement cette quête d'aventure littéraire. Mais pour le moment, rien de bien folichon à l'horizon. Affaire donc à suivre...
- Un roman conventionnel, sans grande surprise.
- Reconnaissons le travail qu'il faut quand même pour écrire un tel roman même si nous sommes moyennement emballé.
Les Moins :
- Plat, peu de rebondissements, parfois ennuyant.
- Marc Levy a fait mieux, nous pensons à son premier livre.
- Ce n'est pas parce qu'on sait qu'on va vendre à tous les coups qu'il ne faut pas se remuer la plume. A bons entendeurs, salut !
DISPONIBLE AUX EDITIONS ROBERT LAFFONT
21:18 Publié dans Best-Sellers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marc levy, le premier jour, robert laffont
03.09.2009
FEDERICO MOCCIA - Amore 14,
Le livre jeunesse du mois d'Août à retenir est celui de Federico Moccia, Amore 14 proposé aux Editions Calmann-Lévy. Le journal intime d'une adolescente de quatorze ans vivant à Rome... Principalement pour les adolescentes friandes de lecture et assoiffées de mots.
Federico Moccia, un auteur de référence en Italie.
Incontournable en Italie, Federico Moccia compte déjà à son actif plusieurs ouvrages dont J'ai envie de toi et J'ai failli te dire je t'aime publiée en France chez les éditions Calmann-Lévy. Remarqué par le succès de son livre Trois mètres au-dessus du ciel d'abord publié à compte d'auteur, Federico Moccia fait partie en Italie de la cour des grands puisque ses ouvrages sont aujourd'hui tous des best-sellers en Italie et traduits dans de nombreux pays. Ainsi, la passion et la ténacité a amené cet auteur à exister à part entière dans le milieu du livre tant fermé.
Amore 14, un livre remarquable sur l'adolescence.
L'âge des révoltes et des coups de cœur, l'âge où l'on veut croire que les rêves deviennent réalité. Amore 14 est le journal intime de Carolina qui vit à Rome. Citadine, dans ce journal intime, elle confie tout comme ses doutes et ses espoirs, ses premières fois, ses relations avec ses meilleures copines, les disputes dans sa famille, notamment entre son frère aîné qu'elle idéalise et son père qu'elle diabolise tout comme sa sœur qu'elle évoque comme une peste, genre Nelly Nolson de La petite maison dans la prairie.
Quand son grand-père casse sa pipe, quand son grand frère et son père se chamaille, quand son frère quitte la maison familiale pour voler de ses propres ailes, Carolina se tourne vers son journal intime. Et elle y raconte tout.
Un livre principalement pour les jeunes filles de 12 à 16 ans.
Ce livre s'adresse en partie pour les demoiselles en plein apprentissage avec l'amour, le premier baiser, la séduction avec les garçons, etc.
Tendre, touchant, léger et drôle.
Dans ce livre, Federico Moccia propose une vision étonnante de réalisme et de candeur qui dit tout sur l'allégresse des premiers troubles de l'adolescence avec une énergie viviante et divertissante. L'auteur parle aussi de ses cruelles désillusions avec une exquise tendresse et avec une narration fluide et dynamique.
A lire pendant les vacances uniquement parce que le livre fait 500 pages avec une écriture minuscule.
A RETENIR !
Les Plus :
- Très bien écrit, bon équilibre entre les dialogues et le récit.
- Attractif, divertissant, amusant.
- Une jolie approche de l'adolescence.
- Des personnages attachants, l'identification marche à plein régime.
Les Moins :
- Le personnage de 14 ans a parfois des réflexions trop mature et peu adapté pour son âge.
- L'histoire se veut positive et parfois un peu trop rose.
- Un livre trop long à les lire pour les jeunes. Seuls les férus de lecture iront jusqu'au bout.
DISPONIBLE AUX EDITIONS CALMANN LEVY
21:05 Publié dans Livres adolescents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : federico moccia, amore 14, calmann-lévy
31.08.2009
RUBINA ALI - De mon bidonville à Hollywood !
Après le succès international du film de Danny Boyle Slumdog Millionnaire, aux 4 Golden Globes, aux 7 BAFTA et aux 8 Oscars, un éditeur français a fait le voyage en Indes pour proposer à Rubina Ali (la petite fille qui a joué le rôle de Latika enfant dans le film) de raconter son aventure exceptionnelle dans un livre événement sortie simultanément dans plusieurs pays. De mon bidonville à Hollywood ! est paru aux éditions Oh ! Disponible depuis fin juin 2009.
Neuf ans, née en Inde et déjà connue mondialement.
Rubina Ali a neuf ans et déjà le monde entier la courtise depuis le succès planétaire du film de Danny Boyle. Les journalistes du monde entier débarquent dans son bidonville pour chercher à discuter ne serait-ce qu'une dizaine de minutes avec elle. L'impact du film autant auprès du public qu'auprès des médias est un véritable phénomène. Le choc des cultures converge en la personne de Rubina et en celle du jeune garçon qui a joué le rôle de jamal malik enfant. Hollywood, le milieu du cinéma américain, l'argent à profusion, le luxe vient se frotter à l'Inde, les bidonvilles sales avec des rats répugnants, la pauvreté à première vue, flagrante.
Une histoire qui fait rêver ?
Ça se discute.
Pour certains, oui. Rubina accède à un monde fascinant, elle vit une expérience inédite et enrichissante, même si tout cela est fort précoce pour une gamine de cet âge-là. Tournage, hôtel de luxe, coca-cola à volonté comme elle le raconte dans son livre, nourriture à profusion qu'elle ne mange pas car elle ne trouve pas ça à son goût (elle est élevée à la cuisine indienne), rencontre avec les stars comme Angelina Jolie qui lui demande un autographe (elle croit rêver. Certains diront, on croit rêver ! ), voyage en avion aux Etats-Unis, à Dubaï (un malheureux voyage au final puisque c'est de là que se diffuse comme une traînée de poudre la rumeur que son père souhaite la vendre pour 300 000 euros), voyage en Europe pour la promotion de son livre, tournage de la publicité avec Nicole Kidman pour Schweppes. Bref une vie fantastique pour une petite fille du ghetto, protégée par ses projets de la pauvreté de son environnement natal.
Et pour d'autres. La vie de Rubina ne fait pas rêver. De nombreuses personnes voient cela comme quelque chose de louche, le rapport avec le père, la rumeur avec la richissime femme de Dubaï qui voulait acheter Rubina à son père, la violence du choc des cultures, l'illusion de croire qu'elle sera actrice toute sa vie alors que rien ne le garanti (même si il faut toujours s'accrocher à ses rêves, toujours), vivre la célébrité aussi jeune. De plus, ce projet de livre a été critiqué sur la toile, perçu par certains internautes comme racoleur pour une petite fille de cet âge-là de raconter ses mémoires, de faire une biographie. Sur ce point, les détracteurs se trompent, il s'agit juste de raconter son expérience de petite fille devenue actrice dans un projet aussi gigantesque que celui de Slumdog Millionnaire. Pas toute sa vie puisqu'elle ne fait que commencer et que ce détail n'avait pas échappé à l'éditeur. Néanmoins, il est vrai que le film a apporté quelques soucis à la famille de Rubina et donc à elle aussi : la destruction de sa maison par des gens jaloux.
La mise au point de Rubina avec ce livre.
Aujourd'hui, sa vie est redevenue selon elle quasiment comme avant. Ses projets sont de soutenir son livre, d'aller à l'école payée par le réalisateur qui s'est engagé à s'occuper de tous les frais liés à l'éducation de Rubina. Mais dans sa caboche de rêveuse, la demoiselle s'accroche, persiste et signe : je veux devenir une vraie actrice : c'est sûr, j'y arriverai. L'insolence des enfants prend vraiment forme dans ce genre de propos. Et puis, après tout, et si elle y parvenait vraiment ? Finalement, rien n'est véritablement impossible. Allez Rubina, c'est tout le mal qu'on te souhaite. Sois forte et obstinée, le monde n'attend que d'être croqué. Alors, pourquoi pas par toi ?!
- La belle histoire qui fait rêver.
- Agréable à lire.
- Un livre qui ravira tous ceux qui lisent la presse people car Rubina balance sur Kidman, sur son collègue le petit qui a joué Jamal, etc...
- En terme de potins, c'est croustillant.
Les Moins :
- Vraiment une aussi belle histoire que ça ?
- Pas de la grande littérature, parfois agacé par l'insolence de Rubina.
DISPONIBLE AUX EDITIONS OH !
20:57 Publié dans Document - Histoire vraie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : slumdog millionnaire, rubina ali, de mon bidonville à hollywood !, nicole kidman
JORDAN BELFORT - Le loup de Wall Street,
Le gros coup de cœur de l'été, le top du top depuis très longtemps.
ATTENTION : Ce livre est énoooooorme !
Le gros coup de cœur de l'été, le top du top depuis très longtemps. Jordan Belfort vous propose une autobiographie sans fioriture, avec un franc parler percutant, retraçant ses ascensions et ses déchéances les plus fulgurantes dans le monde du business et de la finance. Le livre à retenir nous rappelant les bouquins de Breat Easton Ellis qui a tapé dans l'œil de Martin Scorsese pour son prochain film avec dans son rôle Leonardo Di Caprio et aux manettes du scénario, Terence Winter, le scénariste de l'excellente série Les Sopranos. Attention lecteurs, voici une bombe littéraire explosive dans le bon sens du terme, Le loup de Wall Street aux éditions Max Milo.
608 pages qui se lisent très facilement, avec une fluidité désarmante.
Incroyable, mais vrai. Promis, ce pavé s'avale comme on sniffe un rail de coke en se tapant une prostituée, aussi facilement que l'univers très familier de Jordan Belfort qui nous relate son époustouflant destin avec des phrases ancrées dans la vraie vie. L'auteur a écrit ce chef d'œuvre en prison pendant qu'il purgeait une peine de 22 mois pour fraude et blanchiment d'argent. Même cloîtré entre quatre murs, ce génie ne peut s'empêcher de nous pondre un livre bluffant tant le résultat est énoooorme au point d'être traduit dans plusieurs pays et d'être déjà adapté par un réalisateur de cinéma mythique !
Sa vie riche en rebondissements lui offre la trame de son autobiographie écrite comme un roman policier, un suspens haletant. Toute l'histoire puise ses sources dans son vécu, de quoi remplir aisément 608 pages, la formule littéraire la plus brève possible tellement ce mec a vécu plusieurs vies en une seule.
Golden boy le plus fou de sa génération appelé le loup de Wall Street.
Jordan Belfort a commencé en bas de l'échelle dans une société d'investissement de New York. Diplômé d'une banale université américaine, il gravit un à un tous les échelons de Wall Street. Très vite, il monte sa société boursière : Stratton Oakmont. Ses activités lui rapportent alors 1000 dollars à la minute... Brassant des millions, Jordan Belfort fait un effort admirable d'authenticité en nous racontant des tonnes de choses : sa relation avec son père, sa relation avec sa femme qu'il appelle la duchesse et leur fille, l'amour de sa vie, ses voyages en Suisse avec ses transactions louches, ses déplacements en hélicoptère qu'il conduit lui-même même bourré, sa dépendance aux drogues et aux médocs, son bateau Nadine en train de couler. Bref une vie tumultueuse en perspective dans un livre jamais ennuyeux, bien au contraire.
Jordan Belfort est libre aujourd'hui et toujours vivant.
Aujourd'hui, l'homme a payé pour ses fautes et est toujours bien vivant malgré tous ce que vous lirez. Le préciser dans la chronique semble nécessaire tellement Le loup de Wall Street a brûlé la vie en s'écorchant les ailes parfois, mais sans vraiment se les abîmer de manière irréversible.
Une fois la lecture achevée de ce livre, vous attendrez deux choses. La première : voir sur grand écran l'adaptation au cinéma de ce destin scotchant. Et deuxièmement : vous attendrez certainement comme nous le prochain livre de Jordan Belfort, si bien sûr il avait envie de poursuivre sur sa lancée. Au-delà de son vécu abasourdissant, le golden boy a un style d'écriture personnel particulièrement attrayant pour écrire un roman cette fois-ci inventé de toutes pièces. Très beau style. On attend avec impatience un nouveau projet littéraire Jordan Belfort !
Achetez ce chef-d'oeuvre, lisez-le, même si vous mettez trois mois à le lire parce que vous êtes une tortue en lecture, il vous le faut absolument. Un livre énoooorme toujours dans tous les sens du terme !
- Histoire vraie incroyable, époustouflante, un destin hallucinant.
- Une écriture majestueuse, des phrases percutantes, une critique de la société effroyablement juste.
- Un livre moderne, branché, touchant, au suspens haletant.
- Après lecture, on reste très étonné de savoir l'auteur, le golden boy le plus fou, le loup de Wall Street encore en vie. Et pourant, c'est le cas et tant mieux.
- Un best-seller qui mérite sa place. Attention Marc Lévy, tu deviens ringard...
- A lire, à lire, vite !
Les Moins :
- Peut-être un peu long pour certains lecteurs.
20:48 Publié dans Document - Histoire vraie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jordan belfort, le loup de wall street, max milo editions, scorsese, di caprio
28.08.2009
ONDINE KHAYAT - Ben hurle,
Après Le Pays sans Adultes aux Editions Anne Carrière (2008), Ondine Khayat nous revient en pleine forme avec un roman acidulé Ben Hurle - La vie sexuelle de Ben Portman, lancé dans une course de charme. Voici le parcours initiatique que tout homme devrait avoir les couilles de vivre une fois dans sa vie s'il ne veut pas passer à côté de lui-même.
L'adultère dans le couple, la jalousie...
Ben Portman est un type comme tous les autres. En couple avec Cathy, un bon boulot en tant que critique de films, amoureux de sa femme mais attiré par bien d'autres. Un jour, Ben décide de se prendre en main et de commencer une thérapie pour gérer ses élans d'adultère.
Motivé à être enfin authentique, Ben va obligatoirement passer par une spirale cruelle : affronter l'ensemble de ses démons. Assumer ses envies comme tromper sa femme demande d'assumer ceux de sa femme. Si lui a des envies comme faire l'amour avec d'autres femmes. Cathy, sa femme pourrait comme lui avoir des envies de coucher avec d'autres hommes. Pourquoi cela marcherait-il dans un sens et pas dans un autre ? La psy de Ben lui explique qu'il doit autant accepter sa polygamie que celle de sa partenaire. Dur. Dur pour lui au début du roman.
Une psy qui l'encourage à aller au bout des choses, Ben s'engouffre dans une thérapie violemment porteuse.
Ondine Khayat dresse le constat suivant : de nombreux hétérosexuels ont peur de leur féminité parce qu'ils l'assimilent entre autres à de l'homosexualité. D'autre part, il existe un tabou sur l'homosexualité qui n'a pas lieu d'être. Alors, avec son personnage, Ben Portman, elle s'amuse et se moque de tout cela en dénonçant le poison que peut-être la culpabilité. De plus, à travers son récit, on comprend bien que l'intolérance verrouille l'épanouissement personnel. Ben le comprend en se faisant violence et se sentira renaître après certaines découvertes.
Comme celui-ci, la plus fondamentale...
Quand un homme découvre sa féminité...
En effet, en découvrant sa partie féminine, Ben Portman découvre une grande part de la vérité masculine, de sa virilité masculine. La sienne va le transformer en un véritable homme. Ben devient un être complet en faisant la guerre aux tabous et en ouvrant ses verrous précédemment fermés à double tour. C'est le moment où Ben prend conscience que la quête de l'amour devient aussi la quête de lui-même : la quête de soi.
Personnage touchant y compris dans les passages sexuels, Ben est désarmant. Il devient libre à l'instant où il assume autant ses désirs que ceux de sa femme. C'est un homme qui se forge une forte personnalité au fil de sa thérapie tout en perdant son ego.
Au début, Ben Portman est dans ses codes sociaux, son univers, et après il accepte de souffrir, de se mettre en danger pour devenir celui qu'il est vraiment. Courageux !
Ondine Khayat est talentueuse. Elle utilise une distance particulièrement juste, un recul étonnant. L'humour prend place avec naturel et fait de ce roman un pur divertissement. Le lecteur captivé dans le roman, plus insidieusement, l'esprit amusé, l'auteure lui propose une réflexion sous affluence. La tendresse apporte une touche plus douce face à la violence quand le personnage transcende les tabous de sa petite enfance.
Ce roman met en lumière le courage qu'il faut pour n'importe qui pour passer tous les schémas : l'homosexualité, l'infidélité, la jalousie, etc.
Un roman à lire sans modération. Exaltant. Jubilatoire. Enivrant.
- Un livre qui parle avec tendresse et humour de l'adultère et de la jalousie dans le couple.
- Le thème de la sexualité est utilisée dans le livre pour finalement mettre en avant la quête de soi.
- Beaucoup d'humour, d'émotion, de vérité.
- Un style incroyablement moderne et rythmé.
- Un livre à lire absolument.
- Un divertissement qui fait réfléchir.
Les Moins :
- Je n'en vois pas.
20:37 Publié dans Roman satirique ou humoristique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ondine khayat, ben hurle, anne carrière
24.08.2009
PATRICK SEBASTIEN - Tu m'appelles en arrivant ?
18:21 Publié dans People | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick sebastien, tu m'appelles en arrivant ?, florent massot
02.08.2009
VALERIE RODRIGUE - Lettre à une jeune affamée,
Un témoignage sur la reconstruction après la boulimie. Valérie Rodrigue signe ici son quatrième livre, qui fait écho à son premier, La Peau à l'envers. Un témoignage aux tournures littéraires et métaphoriques.
Un message d'espoir aux jeunes filles qui vivent ce calvaire.
Drôle de parcours que celui de Valérie Rodrigue !
En effet, pas drôle du tout... Il y a des années, cette jeune femme souffre d'anorexie et de boulimie. A un âge de raison, bien plus tard, l'auteure choisit d'en parler avec un recul sur les années de calvaire passées.
Certainement parce qu'on n'a pas la même interprétation de ce qu'on vit une fois l'épreuve derrière nous que la tête en plein dedans.
Et Valérie insiste bien là-dessus. Au fur et à mesure que les années passent, l'auteure a pu obtenir le recul nécessaire pour travailler sur elle-même avec l'aide d'un psy. Et enfin analyser et mieux ressentir ce qu'elle a vécu lors de sa maladie.
Une écriture surprenante, littéraire et parfois même poétique.
La force de ce livre est l'approche du choix de mots et des métaphores. Le lien entre l'alimentation et le corps est essentiel. Valérie Rodrigue, après de nombreuses années de réflexion nous offre de jolies phrases comme celle-ci évoquant sa grossesse : mon ventre se faisait nid, au lieu d'être une poubelle. Ou encore celle-ci, l'ancrage passe par la nourriture.
Journaliste il y a quelques années au magazine 20 ans, Valérie sait s'adresser aux femmes et plus particulièrement aux plus jeunes avec ce livre.
Comme une grande soeur protectrice, Valérie à travers ce ouvrage propose aux lectrices ou aux familles de leur parler d'anorexie et de boulimie avec ce recul qu'il lui est propre. Pour certainement que son expérience et ses douleurs servent en quelques aux autres, pour ne pas avoir endurer tout cela sans transmettre aux autres ce que cette épreuve lui a laissé en héritage.
Eve, une idée à double tranchant. Et les garçons alors ?
Marque d'originalité, l'auteure a construit son récit comme si elle écrivait une lettre à Eve. Qui est Eve ?La lectrice. Ce qui sous-entend que ce livre s'adresse qu'aux filles. Réducteur, dommage ! Et le lecteur alors ? Celui touché par l'anorexie ou la boulimie, le père, le frère, le conjoint ou l'ami d'une anorexique ou d'une boulimique susceptible d'être intéressé par le sujet se doit de lire le livre en se faisant interpeller tout le long du récit Eve ? En effet, c'est le cas, puisque moi-même chroniqueur mais surtout lecteur avide de s'ouvrir aux autres, je me suis fait interpeller par l'auteure par le sobriquet Eve. Bof, bof... J'avoue que ça m'a vite gavé de persister à lire ce livre fort intéressant en ayant l'impression d'être une femme le temps de cette lecture.
Même si en effet, de nombreux malades d'anorexie et de boulimie sont plus des femmes, il y a aussi des hommes ! Ne les oublions pas et surtout arrêtons de penser que tel sujet est plus féminin que d'autres, et de maladroitement leur en fermer l'accès. Cette approche est maladroite mais compréhensive de la part d'une journaliste de la presse féminine.
- Une écriture poétique dans un témoignage fort touchant.
- Un livre pour comprendre le rapport de l'alimentation sur le corps.
Les Moins :
- S'adresse uniquement aux filles, dommage.
DISPONIBLE AUX EDITIONS ANNE CARRIERE
18:14 Publié dans Document - Histoire vraie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : valérie rodrigue, lettre à une jeune affamée, anne carrière
31.07.2009
JEAN-LOUIS FOURNIER - Les mots des riches, les mots des pauvres,
Allez, encore un livre de Jean-Louis Fournier, encore un ! Après Où on va, papa ?, Mon dernier cheveux noir et Histoires pour distraire ma psy, nous ne pouvions résister à l'envie de vous parler du livre Les mots des riches, les mots des pauvres, proposé chez les éditions Anne Carrière. Encore un livre qui ne déroge pas à la règle des autres de Jean-louis Fournier : un vrai régal !
Comment on dit Rolex, en pauvre ?
Voici une question posée, un exemple d'absurdité qu'on trouve dans ce livre à ne surtout pas prendre au sérieux. De l'humour, de l'humeur aussi bonne soit-elle, de la fantaisie et l'envie volontaire de la part de l'auteur de faire sourire le lecteur le plus souvent possible.
Au lieu de pleurer sur les inégalités sociales de la vie, Jean-Louis Fournier prend le parti d'en rire dans son livre. Comme si rien n'était véritablement dramatique en l'écrivant, en le lisant.
Dessins types BD, petites réflexions faites par un grand esprit, une critique divertissante d'un monde réel.
En effet, ce livre de 160 pages enchantera le lecteur pour deux raisons phares.
La première, les croquis représentants les riches et les pauvres sont drôles et criants de vérité.
La seconde raison, les textes sont concis, brefs, drôles comme les dessins, moqueurs, cyniques, amusants, etc...
Tous les textes de Jean-Louis Fournier commence comme ça : Vous savez comment on dit "chambre d'amis", en pauvre ? Canapé convertible. Vous savez comment on dit "fauchon", en pauvre ? Ed. Vous savez comment on dit "villa provençale", en pauvre ? Caravane.
Sortis de son contexte, cela peut paraitre un peu brutal, mais inclut dans les textes touchants et divertissants de Jean-Louis Fournier, le lecteur passera un moment jubilatoire, où la vie ne demeure pas uniquement sombre.
Un livre excellent, à dévorer comme tous les autres et à conseiller autour de soi. Bref, Jean-Louis Fournier est un grand auteur, un très grand !
A RETENIR !
Les Plus :
- Amusant, caustique, drôle, divertissant, absurde, cool.
- Un excellent auteur.
Les Moins :
- Néant.
DISPONIBLE AUX EDITIONS ANNE CARRIERE
18:07 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : les mots des riches, les mots des pauvres, jean-louis fournier, anne carrière
30.07.2009
HIROSHI ISHIZAKI - Chain Mail,
Un livre à partir de 12 ans pour notre jeunesse éveillée. Frais, dynamique et palpitant. Une expérience de fiction virtuelle à l'heure de la profusion des nouvelles technologies, Internet en tête de liste.
Créativité, écriture imaginaire tachetée de réalité.
Sawako est une adolescente réservée et taciturne. Le vilain petit canard de son collège huppé de Tokyo. Alors, la jeune fille cherche à oublier ses années galères de scolarité et à s'émanciper en dehors de sa vie de collégienne. Au même moment, comme par hasard, elle reçoit un courriel étrange dans sa boîte mail intitulée Chain Mail. Une certaine Yukari lui propose de participer à l'écriture d'une fiction virtuelle par mail interposé. Quatre personnages, chacun en choisit un et chacun se glisse dans sa peau pour le faire exister.
L'histoire de départ de Chain Mail est la suivante : une jeune collégienne (Sawako) est harcelée par un garçon déséquilibré (Yukari). Entre en ligne de compte : le petit ami de la collégienne et un inspecteur de police sous la houlette d'une femme. Maï et Mayumi endossent ces deux derniers rôles.
Une histoire où le lecteur se prend au jeu : être à son tour à la place de Sawako.
Ce thriller jeunesse est un excellent livre. L'histoire virtuelle imbriquée dans l'histoire globale est une idée magnifiquement bien construite et maitrisée par son auteur. L'effet sur le lecteur est curieux. En effet, ce dernier se fond avec le personnage de Sawako et se prête au jeu des ressentiments de Sawako. Le lecteur devient une seule entité avec Sawako qui elle-même ne fait qu'un avec son personnage virtuelle dans Chain Mail. Finalement, le lecteur a l'impression d'être entouré de deux personnages qui ne font qu'un. Amusant.
Chain Mail pour Sawako est un exutoire à l'ennui et le livre de Hiroshi Ishizaki en est forcément un pour son lecteur.
Suspens au moment où la réalité et la virtualité ne font plus qu'un.
Sawako fait vivre à travers Chain Mail un personnage qui se fait traquer. Tout va bien et l'amusement est à son comble jusqu'au jour où elle-même se sent surveillée et suivie, avant de disparaître. D'un monde virtuel, Chain Mail deviendrait-il réel ? La réponse est dans le livre.
Riche en suspens, ce thriller original assure grâce à ses rebondissements. Nous vous invitons pleinement à plonger au coeur de la vie des adolescentes japonaises d'aujourd'hui. Un livre sans prétention très plaisant et agréable à lire.
A RETENIR !
Les Plus :
- Une histoire dans une histoire. Bien construit, fluide, et bien fait.
- Humour, suspens, critique sociale des problèmes d'ados.
- De nombreux rebondissements, joli suspens.
- Thème extrêmement à la mode : internet et la créativité.
- Pas violent et intéressant : comme quoi, c'est possible.
Les Moins :
- Un bon niveau de lecture pour un enfant de douze ans.
- Plus à partir de quatorze ans.
- Pour les ados, pas pour les adultes.
DISPONIBLE AUX EDITION DU ROCHER
18:00 Publié dans Livres adolescents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : hiroshi ishizaki, chain mail, les éditions du rocher
29.07.2009
BRIGITTE LAHAIE - Hommes, je vous aime,
Brigitte Lahaie, ex porno star, animatrice du talk show sexy de RMC Lahaie, l'amour et vous (Lahaie, ça va l'égo ?) depuis sept ans qui rassemble 500 000 auditeurs masculins quotidiennement, nous propose un récit chez Anne Carrière Hommes, je vous aime où elle offre une magnifique déclaration aux... Hommes ! Etonnant !
La papesse des confessions intimes.
Une fois que Brigitte Lahaie s'est franchement ouverte au public, c'est au tour de son public de s'ouvrir sans tabou à elle. Sans artifice et en toute confiance, les auditeurs viennent fidèlement lui raconter tout et n'importe quoi penseront certains, l'essentiel défendrons d'autres.
Problème d'impuissance, d'infidélité, de fantasmes inasouvis, de frustration masculine, de communication dans le couple, bref, tout ce qui tourne autour de la sexualité dans un couple, avec une préférence pour celle des hommes.
Eh bien, son dernier livre, pourrait être vu comme le compte-rendu de ses sept ans d'antenne. Sept ans, l'étape dans un couple où rien ne va plus, ou au contraire où tout se confirme, pour ainsi avancer pour la vie. Et là, dans ce livre, l'auteur comprendra très vite que la crise des sept ans n'aura pas lieu entre Brigitte et ses hommes-auditeurs, tout se confirme, elle n'a jamais eu de secret pour eux d'un point de vue physique, et les hommes n'auront plus jamais de secret pour elle psychologiquement. En dévoilant son physique, l'animatrice s'est immiscée dans leur psychologie, leur mental.
Hommes, je vous aime.
Certains détracteurs pourraient voir dans sa démarche une astuce marketing d'écrire ce livre pour fidéliser ses auditeurs et surtout pour crédibiliser sa voix et ses conseils tout de même rentre-dedans envers toujours ceux qui l'écoutent et ceux qui la critiquent.
Mais quand on lit ce livre, le lecteur percevra très vite une sincérité déroutante et une analyse très fine des comportements féminins et masculins. Sans langue de bois avec une pointe de langue de pute envers les femmes (cela dit, certaines vérités sont ainsi), Brigitte Lahaie met les points sur les i et décortique les responsabilités des uns et des autres. De plus, elle pointe du doigt les conséquences de tel ou tel agissement.
L'intimité des hommes mis sur le grill par une experte.
La lecture de ce livre est donc conseillé aux hommes surtout et ensuite au femmes qui veulent comprendre leurs hommes qu'elles voient comme des énigmes mystérieuses.
Brigitte Lahaie avec Hommes, je vous aime reste cohérente avec l'ensemble de sa carrière et ouvre l'esprit de son lectorat à l'intimité des hommes.
Ce bouquin est bourré de révélation sur nous, les hommes.
A lire, vraiment !
A RETENIR !
Les Plus :
- Rentre-dedans, non vulgaire, et libéré.
- Une déclaration d'amour faites aux hommes.
- De belles phrases de psychologue. ça fait toujours du bien à lire même si c'est tordu à appliquer.
Les Moins :
- Une pointe de haine envers les femmes ?
DISPONIBLE AUX EDITIONS ANNE CARRIERE
17:53 Publié dans People | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : brigitte lahaie, hommes, je vous aime, anne carrière, rmc
28.07.2009
STEPHEN CLARKE - Français, je vous haime,
Après les succès de "God save la France" et "God save les Françaises", Stephen Clarke marque son retour avec un essai sur la France en forme de déclaration d'amour (vache), "Français je vous haime", aux édition du NiL. Une critique taquine sur la manière de vivre à la Française. Ce n'est pas triste du tout !
Haime ou haine ?
Stephen Clarke est un anglais qui vit et travaille en France. Réaliser ce livre est pour lui une marque d'affection pour notre cher pays, puisque d'après lui : qui aime chatie bien. Eh bien, à la lecture de cet essai, j'ai la bonne nouvelle de vous annoncer qu'il doit nous aimer très fort, nous les Français, car Stephen Clarke nous a pas raté un chouia !
Soyez donc rassuré, Stephen clarke ne se moque pas de nous, mais il nous taquine juste. Oui, enfin, qu'est-ce que ça doit être lorsqu'il se moque vraiment alors ?
Réflexion faite, passons outre les remarques évoquées et le brin de caricature, il faut reconnaitre que l'auteur ne se trompe pas beaucoup non plus dans son analyse piquante et criarde de vérité.
Commandement numéro 1,
Oui, les Français, nous avons toujours raison. Toujours ! Le guichetier de La Poste à toujours raison même si il a tout faux dans sa manière de nous acueillir et de nous rendre le service souhaité. Malheureusement, c'est vrai.
Autre anecdocte, en France, on pense que le client est roi. Stephen Clarke a beaucoup de mal avec cette conception surtout qu'en plus il s'amuse à nous rappeler ce que nous fait avec nos rois. Nous les avons décapité ! Alors faut-il vraiment en tant que client se considérait comme un roi ?
Les 10 autres commandements pour bien nous critiquer mais aussi...
Stephen Clarke nous taquine, nous chahute et nous critique. Mais en fait, derrière cette démarche, il y a en effet une tendresse pour notre pays. Deuxième commandement : tu ne travailleras point. Derrière la critique de nos grèves, de nos congés payés et de nos 35 heures, Stephen reconnaît que nous sommes très efficace au travail. Et que notre manière de faire n'est pas si ridicule que ça.
Troisième commandement : tu mangeras. Nous sommes le pays de la bonne bouffe, des fromages qui sentent le caca mais qui n'ont pas leur goût nous dit l'auteur et désormais, il encourage fortement les anglais à en manger. D'autres anecdotes gastronomiques suivent.
D'autres commandements à découvrir sur "tu seras malade" (l'auteur aimé bien l'idée de solidarité de notre système mais souligne le coût que ça représente), "tu parleras français", "tu ne chanteras point", "tu ne sauras point", "tu n'aimeras point on prochain" (nous sommes pas assez civilisés, problème de politesse), "tu ne sera point servi" (le service déplorable dans les brasseries), "tu seras poli" et la touche du french lover "tu diras je t'aime".
Un livre détente à bouquiner au bord d'une plage. Maintenant qu'on sait comment les Anglais nous voient. Et nous, les Français, comment percevons-nous nos amis les Anglais ? Allez, qui en France se lance pour tailler un short au Anglais ? Après tout, il n'y a pas que les Anglais qui ont de l'humour, il y a nous aussi. Et comme cette chronique est écrite par un Français et qu'ils ont toujours raison. Les Français aussi ont de l'humour puisqu'ils ont apprécié votre livre Monsieur Stephen Clarke ! Et surtout ne me contredisez pas !
A RETENIR !
Les Plus :
- L'auteur traque avec finesse les tics et obsessions des Français.
- Un moment de moquerie sur nous-mêmes, les Français.
- Détente, franche rigolade, un humour anglais raffiné.
Les Moins :
- A ne pas conseiller pour les Français susceptible.
- Parfois caricatural, parfois seulement !
DISPONIBLE AUX EDITIONS NIL - ROBERT LAFFONT
17:47 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stephen clarke, français, je vous haime, robert laffont, nil
27.07.2009
JEAN-LOUIS FOURNIER - Mon dernier cheveu noir - Histoires pour distraire ma psy
Jean-Louis Fournier, c'est un auteur du Nord, dont on a beaucoup parlé en 2008 pour son prix Fémina du livre Où on va, papa ? chez Stock. Aujourd'hui, l'une de ses maisons d'édition Anne Carrière propose deux de ses derniers succès en un seul bouquin : Mon dernier cheveux noir et Histoires pour distraire ma psy. Un régal à ne pas rater alors que la maison d'édition vous offre une seconde chance de les découvrir !
Mon dernier cheveux noir, un livre sur la vieillesse : poignant.
En 176 pages, Jean-Louis Fournier s'amuse, taquine, titille, joue les enfants alors qu'il parle des vieux. Avec bonheur, délicatesse, finesse, ironie et cynisme. L'auteur joue avec les mots, les tournures de phrases comme toujours.
A la lecture, on sourit, on rit, on râle, on peste, on vit. L'auteur nous transporte dans un quotidien qui peut être proche de chacun de nous par la force des détails qui font la vie. Ce livre se savoure comme une gourmandise, on peut picorer au début, à la fin, au milieu, on peut le lire d'une traite, la moitié, bref, faire comme on veut, ça aura le même charme.
Et c'est la force de Jean-Louis Fournier, être lu par ceux qui ne lisent pas. Tous les textes proposés sont courts et précis. Entre, il y a des interludes, des plages de détente chouchoutant notre psychisme afin que notre cervelle ne fume pas de trop. Exemple de phrases d'interludes qui font mouches :
N'allez plus aux enterrements de vos amis, vous allez vous faire repérer.
Ne vous pencher pas trop sur votre passé, vous n'allez pas réussir à vous relever.
Histoires pour distraire ma psy, vraiment ?
Jean-Louis Fournier se souvient d'une psy somnolente et lui a inspiré un nombre d'histoires cocasses à justement lui raconter. Premier conseil, vraiment, lisez-les et amusez vous avec car franchement c'est frais, drôle, intrépide. Mais surtout ne les raconter pas à votre psy, ou faites-le si elle vous gonfle, uniquement !
Néanmoins l'idée est vraiment bonne, chercher à en raconter et en créer juste pour réveiller de nouveau son thérapeute reste séduisant. Essayer d'en inventer, des accrocheuses en fonction de la personne que vous avez en face. L'idée est audacieuse. Et un brin insolente.
Jean-Louis Fournier est un trublion qui jongle avec les mots avec une grande maitrise pour le plus grand bonheur de ses lecteurs.
Voici un auteur qui vous fera aimer les livres, les mots, les expressions, et vous constaterez que la langue français est bien plus parlante que vous l'imaginez.
A lire sans retenue.
- Lecture pour tous, surtout pour les plaisantins.
- La vieillesse et la psychanalyse au travers des écrits d'un auteur talentueux.
- Un trublion qui jongle avec les mots pour notre plus grand bonheur.
Les Moins :
- Livre tellement facile à lire qu'il pourrait rendre le lecteur fainéant.
DISPONIBLE AUX EDITIONS ANNE CARRIERE
17:39 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-louis fournier, mon dernier cheveu, histoires pour distraire ma psy, anne carrière
24.07.2009
JEAN TEULE - Mangez-le si vous voulez,
Un récit absolument incroyable sur le fait divers épouvantable et véridique du 16 août 1870 dans la commune de Hautefaye, dans le Périgord. Alain de Monéys, 28 ans, bien sous tout rapport arrive à la foire aux alentours de 14h où se trouve environ 600 personnes. Deux heures après, il est mangé !
Ironie cinglante du titre du livre : Mangez-le si vous voulez.
A cette époque, la France était en guerre contre la Prusse. En demande de nouvelle fraiche et ne sachant pas lire, l'ensemble des villageois cherche un moyen de les obtenir en tenant le journal dans tous les sens. Quelqu'un demande à l'assemblée : est-ce que quelqu'un sait lire ? Le cousin de Monéys répond : oui, moi je sais lire. Et là, il commence à annoncer les mauvaises nouvelles. La France va perdre la guerre. C'est la fin du second empire. Et là, les gens se fâchent. Ainsi, sentant le malaise, le cousin s'enfuit en courant. A ce moment-là arrive Alain de Monéys et dit : "Mais c'est pas mon cousin que je vois courir là-bas ?" La foule lui répond : "Il a dit vive la Prusse". De Monéys leur rétorque : "Non ce n'est pas possible, je connais mon cousin, il n'a pas pu dire ça et pourquoi pas abat la France !" Et là, ça dérape, les gens prennent ça pour argent comptant et le ballet des coups peut commencer, une gifle, une bousculade, un coup de poing, etc. Et c'est l'enfer.
Pourquoi un tel drame ?
Dans son récit, Jean Teulé ne cherche aucunement à nous expliquer pourquoi mais plutôt à nous amener sur des pistes pour que le lecteur comprenne de lui-même. Le drame se passe lors d'une année où il y avait une sècheresse record, bétail en mauvais point, plus d'eau... Dans ce climat oppressant, dans un état de nerf, pour eux, à un moment donné, il leur fallait un responsable, un bouc émissaire. A ce moment-là, De Monéys était accusé de tout : la chaleur, c'était de sa faute, la victoire de la Prusse, c'était de sa faute... Il fallait détruire celui qui symbolisait leur malheur.
Et dire que c'est vrai !
Ames sensibles s'abstenir.
L'enfer décrit est abominable. Les gens lui ferrent les pieds comme un cheval. Ils l'éborgnent. Ils le brûlent vif et donnent sa graisse brûlante à manger sur des tartines aux enfants en dansant autour du feu. Avec la phrase ulcérante : "Pour une fois qu'on peut mettre quelque chose sur votre pain." Abominable ! Tout cela se passe du temps de nos arrières grands-parents ! (quand on a la trentaine lol)
La commune de Hautefaye se prononce "hautefaille", et franchement en cette belle journée de mois d'août, il y en a eu une de haute faille !
Mais franchement, d'après vous, est-ce que ça ne pourrait pas se reproduire à notre époque ? Jean Teulé dit oui. Et une fois avoir lu son livre, le lecteur dira comme lui. C'est certain.
A RETENIR !
Les Plus :
- Un roman sombre avec de l'humour noir.
- La mécanique de l'horreur humaine.
- Un excellent Jean Teulé, encore !
Les Moins :
- Très court, mais en même temps, c'est bien car ça deviendrait insoutenable.
DISPONIBLE AUX EDITIONS JULLIARD - ROBERT LAFFONT
17:33 Publié dans Best-Sellers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean teulé, mangez-le si vous voulez, julliard, robert laffont
MARCEL GAY - Le coup de Tarnac,
Marcel Gay, journaliste à L'Est républicain, chargé de la rubrique judiciaire nous plonge dans une contre-enquête sur l'affaire de Tarnac. De quoi nous éclairer notre lanterne. Alarmant !
Nos libertés individuelles seraient-elles en danger ?
Le travail d'investigation du journaliste part d'une question toute simple : est-ce qu'il y a vraiment des terroristes en Corrèze ? D'allure générale, sans lire le livre, cette affaire semble étrange. En effet, au cours du récit, on découvre que les preuves ne tiennent pas et qu'elles ne sont donc pas recevables. Donc en aucun, il ne s'agit de terrorisme. A la fin de cette enquête, on reste sans voix sur le fait qu'il n'y a rien de concret à retenir contre Julien Coupat et les autres. Néanmoins, la vie de ces jeunes a tout de même été entachée.
L'enquête aussi sabotée que les lignes TGV ?
Le doute subsiste.
La piste allemande évoquée plus en détail dans le livre est d'après le journaliste une piste qui n'a pas été exploitée en sa totalité. De nombreux faits concordent. Cette affaire a des relents politique où la communication a pris le dessus sur la vérité. Comme par hasard, cela intervient dans un contexte de crise économique et frapper fort sur des questions de sécurité reste un classique. N'arrivant pas à juguler les problèmes économiques du pays et devant de nombreux mouvements de contestation en France (et aussi en Guadeloupe et en Grèce), craignant peut-être des débordements en France, la politique du gouvernement privilégie la sévérité et l'autorité avec les forces de l'ordre. Ex : opération commando pour interpeler en pleine nuit les 9 de Tarnac. Bref, taper fort pour faire de ces jeunes instruits et n'ayant pas la même vision du monde qu'eux, un exemple symbolique de discipline.
Menace sur la liberté d'expression ?
Certainement.
C'est la plus grande réflexion qui viendra au lecteur lors de sa lecture. De nombreux détails et parfois techniques de l'affaire nous démontrent bien les imperfections du système. Ce dernier imparfait conduit la liberté d'expression à être en danger.
Lisez ce livre par curiosité, vous ne serez pas déçu.
Les Plus :
- Une contre-enquête plus clair que tous les journaux TV réunis.
- Un livre qui se lit vite et qui nous sort de notre bulle de citoyen patachon.
- Bienvenue dans un monde cruel ! Et dire que tout ça est vrai...
Les Moins :
- Un livre qui peut rendre le lecteur pessimiste quand on accepte à l'envers du décor.
DISPONIBLE AUX EDITIONS FLORENT MASSOT
17:26 Publié dans Document - Histoire vraie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marcel gay, complot, le coup de tarnac, manipulation, florent massot
22.07.2009
ALAIN TEULIE - VENDREDI SOIR CHEZ LES BECKER
Une comédie littéraire et sexy pour un été léger et divertissant. Deux couples, deux milieux différents voire opposés, deux mondes. Une seule chose les rapproche le temps d'une soirée quelque peu particulière : le sexe. Un délice estival à découvrir. Amusant et rafraichissant.
Histoire banale pour une fresque sociale déjantée et attendrissante.
Deux couples mal assortis errent sur la voie de l'échangisme.
Le premier duo est plutôt aisé. Ils vivent dans un appartement cosy dans le XIVème arrondissement de Paris. Pierre et Julia, la quarantaine bien timide, tous les deux enseignants, sont prêt à franchir le pas : se mélanger sexuellement avec un autre couple. Mais sont-ils vraiment prêt ? Sont-ils véritablement sur la même longueur d'ondes ? Pas tant que ça. Et c'est ce qui devient en partie grinçant et mordant.
Le second couple à tout juste la trentaine. Tom et Sarah vivent au dernier étage d'une tour de quinze étages. Ils vivent grâce à l'argent du sexe. Ils sont tout autant amants que collègues. Et grâce à des clients comme les Becker, ils existent et trouvent une place dans ce monde un peu fou.
Douze chapitres rythment le livre en consacrant un chapitre une fois au Becker, une fois aux trentenaires, ainsi de suite jusqu'à la rencontre des deux couples. La construction est efficace. L'effet de comparaison marche à merveille et le contraste des uns et des autres sautent à la vue du lecteur. Le fil conducteur nous transporte dans les travers attendrissants des deux couples. Riches ou moins riches, aucun des deux n'est véritablement bien dans ses pompes.
Un océan immense entre le fantasme et sa réalisation.
La réalisation de ce fantasme sauvera-t-il les Becker ? L'argent gagné par le sexe est-il un facteur de bonheur pour Tom et Sarah ? Ces deux couples, après quoi courent-ils réellement ? Le savent-ils eux-mêmes ?
Des questions, le lecteur en aura de nombreuses à la lecture de ce livre magnifiquement bien écrit. Sa force : la justesse des dialogues, la précision des pensées floues des différents personnages, la franchise et le mensonge dans un couple, etc.
Le choc des cultures a lieu à travers ceux de quarante ans et ceux de trente ans. La rencontre est tendue, sensuelle et explosive. Le passage du fantasme à la réalisation est d'une violence excessive pour les Becker, alors que Tom et Sarah, plus habitués, s'en tirent plutôt bien. La tension est perceptible. Un certain malaise aussi. Pour un dénouement à la hauteur.
Alain Teulié, un cinquième roman réussi.
Alain Teulié est scénariste, dramaturge et journaliste. Il est l'auteur aussi de A part ça, les hommes vont bien et Ma mère est une actrice, deux très bons livres également. Aujourd'hui avec Vendredi soir chez les Becker, Alain Teulié nous a divertit avec cette comédie sexy et nous a donc encore fait passé un bon moment de pure détente. A découvrir absolument.
A RETENIR !
Les Plus :
- Quatre personnages autant séduisants que séducteurs.
- A la recherche du bonheur en confrontant le fantasme à la réalité.
- Très beau style parsemé de dialogues fluides qui font mouche.
- Divertissant, le livre qui nous faut pour une belle soirée d'été bien chaude.
- Se lit d'une traite.
Les Moins :
- Trop court, trop bref, mais si bon.
DISPONIBLE AUX EDITIONS PLON
17:19 Publié dans Roman satirique ou humoristique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : alain teulié, vendredi soir chez les becker, plon
10.07.2009
ALI AKBAR - La fabuleuse histoire du vendeur de journaux qui a conquis le monde...
Après son premier livre Je fais rire le monde mais le monde me fait pleurer, paru en 2005, Ali Akbar marque son retour avec La fabuleuse histoire du vendeur de journaux qui a conquis le monde... Le parcours d'un Monsieur-tout-le-monde Pakistanais qui a su faire sa place dans le quartier des intellectuels de Paris, Saint-Germain-des-Prés.
Persévérance, ténacité et volonté.
Ali Akbar fait partie de ces hommes qui se fondent dans la masse et qu'on ne remarque pas au premier regard lorsqu'on est dans la peau du Parisien pressé, l'urbain ignorant tout ce qu'il croise sur sa route comme des individus ou les forces de l'ordre, sans oublier le SDF ou le vendeur de journaux à la criée. Mais l'homme bon, l'homme observateur et humain ne passera pas devant cet étonnant vendeur de journaux, Ali Akbar. Celui qui nous racontait dans son premier livre qu'il accrochait le client en parodiant avec humour les titres du journal Le Monde du jour. Détourner la réalité grâce à tes subterfuges où le comique n'est juste que la politesse du désespoir.
Ali Akbar nous fait penser à Roberto Benigni dans La vie est belle interprétant le rôle d'un papa fantasque qui raconte de jolie histoire à son fils pour l'épargner de la cruelle réalité des atrocités des camps de concentration. Eh bien dans son contexte, Ali est pareil. Il fait partie de ces hommes particuliers au parcours atypique simplement parce qu'ils ont en eux une philosophie de vie incroyable. Son étonnante ascension sociale, ses galères de l'exil, son enfance misérable, tout cela font de cet homme un exemple ordinaire capable de faire des choses extras !
Un deuxième opus : ses enfants, une de ses plus grandes fiertés.
Dans ce deuxième livre encore très personnel, Ali Akbar nous parle principalement de son foyer : sa femme et ses enfants. On comprend combien le sens de la famille compte pour lui. La famille, c'est son équilibre. Il avoue ne pas toujours avoir été un père parfait puisque parfois il devait travailler beaucoup et donc amputer sur le temps d'échange avec sa famille.
Ses fils sont sa fierté. Il les aiment tous. Malheureusement, l'un d'eux est autiste, un autre a un handicap moteur dès la naissance et l'autre fera des études et sera ingénieur ! Mais la force, la solidarité, à l'unisson, la petite famille continuera son ascension : le père nous propose son deuxième livre et le fils travaille, occupe un poste d'ingénieur diplômé. Des destins forts en rebondissements avec des résultats fort encourageant pour eux et pour tous les lecteurs qui liront ce livre un jour où ils sentiront un coup de mou perso niveau moral et ambition.
Une belle histoire, ça fait du bien.
Ceux qui ont besoin de lire un livre simple, facile, d'un parcours étonnant, ce livre est pour vous. Les autres, peut-être que vous trouverez cette histoire d'un point de vue littéraire écrite de manière très conventionnelle et un brin ennuyeuse. Néanmoins, ce livre a le mérite de nous rappeler que s'intégrer dans un pays reste un problème de société. Certaines réalités exprimées marquent bien le parcours du combattant. Alors Ali et sa famille, je vous présente toute mon admiration et mon respect.
Les Plus :
- Pas de misérabilisme.
- Fort et touchant.
- D'excellents dessins de Cabu, Plantu, Willem et Wolinski.
Les Moins :
- Un titre de livre two much.
DISPONIBLE AUX EDITIONS JEAN-CLAUDE GAWSEWITCH
17:12 Publié dans Document - Histoire vraie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ali akbar, le marchand de journaux, jean-claude gawsewitch
GUILLAUME SECALATI - Scratch,
Un polar urbain qui renouvelle le genre...
"L'écriture en fond sonore pour être baigné dans l'ambiance", c'est comme ça que l'auteur se met en condition pour écrire ce roman aux influences cinématographiques comme les films de Scorsese et Tarantino,et musicales avec l'omniprésence du hip hop chez le héros devenu un caïd au fil du temps et de la soul music qui ne sont que les goûts prononcés de son paternel. Les influences sont aussi télévisuelles : les séries américaines comme Oz ou l'excellentissime The Shield. Bref, une bonne base pour nous régaler.
En France, il était temps que la nouvelle vague soit renforcée. La littérature urbaine bouge. Dynamiques, de nombreux auteurs s'expriment dans la collection Exprim' chez Sarbacane. Leur choix éditorial par l'éditeur pour la jeunesse est particulièrement rassurant. Scratch comme d'autres titres (voir et lire les autres chroniques à venir) maintient ou redonne le goût de la lecture à une génération moult fois sollicitée par Internet, la TV, le mobile, l'ordi, le sport, le sexe, le ciné, la musique, les concerts, le théâtre, etc jusqu'au point de ne pas lire soit par manque de temps soit pour cause de lacune d'intérêt (bien plus alarmant !). Et des livres dans nos librairies comme ceux de Guillaume Secalati rassurent, impulsent une énergie nouvelle et salvatrice dans une littérature bien tristement marketée best-seller parfois merdique. Scratch peut clairement redonner le goût de la lecture aux jeunes ou séduire de nouveaux lecteurs parce qu'ils parlent d'une histoire dans laquelle ils vont se reconnaitre et dont les références culturelles leurs correspondront.
Boucler toutes les boucles, la promesse du personnage principal.
Dan n'a plus rien, juste des souvenirs dans lesquels la vengeance va trouver naissance et sa seule alternative sera de la laisser s'exprimer au grand jour. Cette vengeance malsaine, immature et bien trop impulsive, fait de Dan un jeune homme ayant la réflexion d'un animal. L'instinct le guide et lui dicte un destin sombre, encore plus poussiéreux que sa base, que son origine.
Dan place ses pions, refuse de faire le pion et ironie du sort se retrouve être le propre pion de sa sadique vengeance qui ne fait qu'uniquement laisser derrière lui une trace de violence inacceptable et cruellement brutale. De fil en aiguille, tel un serpent vénéneux, Dan s'incruste au coeur des affaires des caïds influents du quartier. Prendre le contrôle, avoir le maximum de pouvoir juste dans un but ultime : se venger, autrement dit "boucler les boucles" comme il se plaît à le répéter tout le long du roman après chaque carnage qu'il a volontairement provoqué.
Guillaume Secalati, un auteur urbain de plus !
A suivre avec grand intérêt le prochain projet littéraire de Guillaume, même si il est vrai que le personnage du premier roman était vraiment excessif. Mais comme c'est de la fiction, ça passe. On s'interroge sur l'auteur en se demandant si lors de l'écriture, "l'esprit créatif", il n'aurait pas consciemment transposé une partie de son côté sombre qu'il ne peut pas et que personne ne pourrait exprimer dans la vie de tous les jours au risque de faire de la taule et surtout de bousiller "connement" sa vie. Alors plus sage, au lieu de le vivre, Guillaume aurait préféré l'écrire et faire partager cela à son lectorat. Choisir le virtuel au réel, pour certains trucs, en effet, c'est mieux.
Guillaume est professeur des écoles dans la région de Lille, à 31 ans après divers petits boulots, il a artistiquement créer avec le rappeur Axiom, le groupe Mental Kombat. Il a aussi réalisé un court-métrage et plusieurs clips. Ce talentueux lascar, cet artiste touche-à-tout est à suivre de près car il vient de nous offrir un livre boosté par ses influences urbaines. Un livre fort. Un livre qui déchire.
A RETENIR !
Les Plus :
- Un polar urbain et cinématographique.
- La mécanique de la vengeance disséquée étape par étape, via le destin d'un "Scarface" moderne.
- Un livre choc où la spirale meurtrière tourne à plein régime.
Les Moins :
- Un auteur à surveiller, dommage qu'on n'en parle pas assez !
DISPONIBLE AUX EDITIONS SARBACANE - COLLECTION EXPRIM'NOIR
17:05 Publié dans Roman Urbain | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guillaume secalati, scratch, sarbacane, exprim' noir









